Elohim : pourquoi ce nom de Dieu est-il au pluriel ?

LEKAYEM · Traductions à revoir

Une forme plurielle dès la première ligne

Genèse 1:1 commence par les mots בְּרֵאשִׁית בָּרָא אֱלֹהִים : Bereshit bara Elohim, « Au commencement, Dieu créa… ». Le nom Elohim possède une terminaison hébraïque habituellement associée au pluriel masculin, -im. Faut-il donc traduire « les dieux créèrent » ?

La grammaire compte

Dans Genèse 1:1, le verbe bara (« créa ») est au singulier masculin. Le récit emploie donc ici Elohim avec un accord verbal singulier. Dans de nombreux passages, le même nom désigne le Dieu d'Israël avec des verbes et des adjectifs au singulier. Mais elohim peut aussi désigner des dieux au pluriel dans d'autres contextes, comme en Exode 20:3. La forme du mot ne suffit pas à décider de son référent.

Une terminaison ne fait pas toute une doctrine

Il arrive que l'on explique le pluriel d'Elohim comme la preuve directe d'une pluralité de personnes en Dieu, ou au contraire comme un simple « pluriel de majesté » parfaitement établi. Ces formules vont souvent plus loin que ce que la grammaire, prise isolément, permet d'affirmer. Les spécialistes discutent l'histoire et les emplois de cette forme ; il faut distinguer les observations linguistiques des interprétations théologiques.

Le contexte de Genèse 1

Le premier chapitre de la Genèse présente un Dieu créateur dont la parole ordonne le monde. Le texte affirme à plusieurs reprises que Dieu dit, voit, nomme et bénit. Sa syntaxe ne justifie pas de remplacer automatiquement « Dieu » par « dieux » au premier verset. Pour comprendre un terme hébreu, l'accord grammatical et le contexte narratif sont décisifs.

Et « Faisons l'homme » ?

En Genèse 1:26, Dieu dit : « Faisons l'homme à notre image ». Plusieurs interprétations existent, notamment une délibération divine, une adresse à la cour céleste ou des lectures théologiques ultérieures. Le verset suivant revient au singulier : « Dieu créa l'homme à son image » (Genèse 1:27). Il est important de présenter les interprétations comme telles, sans les confondre avec un fait grammatical indiscutable.

Traduction à revoir ou lecture à approfondir ?

Traduire Elohim par « Dieu » dans Genèse 1:1 n'est pas en soi une erreur : le verbe singulier et le contexte le justifient. La difficulté réside surtout dans la manière d'expliquer la forme du mot, sans simplifier à l'excès son fonctionnement dans l'hébreu biblique.

Encouragement

Une question de grammaire peut sembler minuscule. Pourtant, prendre le temps de la comprendre nous apprend à ne pas imposer trop vite nos conclusions aux Écritures.

La fidélité à un texte commence aussi par l'humilité de le laisser parler avant de parler à sa place.

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